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Quel merveilleux petit village de l'Ardenne belge!

Entre La Roche en Ardenne et Hotton, il surplombe la splendide vallée de l'Ourthe.
Si, depuis Baraque Fraiture (595 m. alt.), l'on vient par les bois, empruntant à Samrée la « voye di Macray », on découvre subitement, recroquevillé comme une fleur gardée au creux de la main, un superbe et gentil village, le nôtre, MARCOURAY. (320m d'altitude au seuil de l'église).

En venant de tout là-haut, c'est qu'on cherche un peu de réconfort à partager pour se calfeutrer à l'abri de la bise des sommets!

Par en-bas, traversant la rivière appelée OURTHE (215m) comme pris par l'irrésistible envie de toujours grimper plus haut, aussitôt que le relief deviendra hospitalier, MARCOURAY nous ouvrira tout grand son cœur chaleureux.

Protégées des vents du nord-est qui gercent le visage du visiteur, quelques anciennes, solides et jolies maisons sont là, souriantes, tournées vers la lumière, accueillantes, et qui donnent à l'ami de passage l'envie de flâner un peu.
eglise sous la neige
L'église ainsi que quatre bâtisses sont classées : les maisons Lecart, Lambert, Poncelet J. et Marina Frère ( le fournil). Riche patrimoine dont, tous, nous sommes si fiers. On le préserve avec soin, et l'on a bien raison. Si les largesses d'une administration venaient à débrider les règles qui contiennent notre joyau, nous serions bien affligés de voir se noyer dans une masse informe nos si belles architectures.

Ici règnent l'authenticité, la fidélité au passé, le burinage des tempéraments, le souffle d'espoir en un avenir de fraternité qu'on peut lire dans la profondeur de tous les regards. Nous nous connaissons tous : ceux qui restent ou qui arrivent, tout autant que ceux qui viennent retrouver leur nid bien peu après que nous soient revenues les hirondelles.

Fraternité, oui. Notre grande réunion familiale sur ce site entièrement dédié à la cause, en est le présage : les clivages et les rivalités resteront au vestiaire. Grâce à Internet, toile de liens tissée autour du monde, bien largement s'ouvrent nos portes et se referment nos rivalités. Quelle joie ! Dans ce monde dur et sans pitié, dans ce monde d'ailleurs mais que nous partageons ici, chaque jour ne manque qu'un peu du bonheur de pouvoir retrouver les sourires oubliés.
meules de foin
Il ne fait pas plus difficile à MARCOURAY qu'ailleurs de vivre bien confortablement : il ne nous manque que les excès du progrès. Nous en plaindrions-nous ? Le croiriez-vous : venez voir !

Notre belle jeunesse s'étonne sans doute des longs silence de l'automne. Nous veillons à lui protéger les joies des éclats du printemps : toutes les mémoires, celles qui s'éveillent tout autant que celles qui veillent ou qui sommeillent feront que ce site restera dans le coffret secret des souvenirs.

Oui, les anciens, les amis, les cousins, les conjoints, les émigrés et les émigrants, les parents et leurs enfants, c'est une touche fine et subtile que peut apporter au portrait de la mémoire cette communication moderne. Ainsi, pas un trait du plus anodin au plus irrésistible et tenace des souvenirs ne s'en effacera. Et ceci comblera bien les quelques rares instants de lourdeur ressentis chez tous nos ardents adolescents tentés sans doute parfois par les frénésies de la ville.


 
Sur nos chemins, pas un véhicule ne traverse sans avoir laissé à la douane des rideaux un signe bien amical à tous ceux qu'il connaît. Il n'y a pas de « feux rouges » dans notre convivial village : on n'y dénombrait jadis que des « feux » inventoriés par l'autorité fiscale pour taxer tous les signes extérieurs de richesse qui s'envolent en fumée.

On dit que nous avons l'œil audacieux : on toise du regard le Thibaut d'en face (325m), qui lui, a choisi d'accueillir les rayons du levant..

Il n'y avait pas d'église avant 1880, donc nos fidèles ancêtres se rendaient à pied par tous les temps à la vieille église de Marcourt. C'est pour leur éviter ce fastidieux sacrifice que la Commune consentit à débourser la somme de 38.366frs. Pour s'assurer les bonnes grâces du ciel aussi, sans doute. C'est ainsi que naquit « l'annexe » ressortissant à la cure de Marcourt, aujourd'hui en voie d'être désacralisée. Le dernier desservant titulaire de notre lieu de culte fut l'abbé MARCOURT. Mais c'est l'Abbé BODY qui refermera définitivement la lourde porte de ce bel et fragile édifice, rassembleur de toujours qui restera témoin vivant de notre belle union.


Les mayeurs, c'est une bien vieille histoire : le premier, Lambert le Fève prit ses fonctions avant 1482 ; 22 autres, bourgeois, seigneurs puis rentiers et propriétaires lui succédèrent jusqu'en 1888. Depuis, voici la liste de ceux qui tinrent le gouvernail jusqu'à la fusion des communes :

1849 : HOUBA Célestin

1879 : DENIS Jacques

1893 : ORBAN Victor,

1914 : BOSQUEE Simon

1919 : DANLOY Henri

1919 : KINET Henri

1925 : LINZE Camille

1933 : ADAM Joseph

1939 : MAGONETTE Jules

1959-1976 : PETIT Hubert

L'ardeur pourtant bien connue de nos chers « Macrayens » (à défaut de mieux, nom inventé de toutes pièces pour cette circonstance) ne suffira pas à convaincre les autorités nationales alors que le 21/01/1911, les édiles décidèrent unanimement de solliciter l'autorisation de construire à Marcouray une école primaire bien attendue. Il est vrai que les ardeurs les plus vigoureuses n'ont qu'un temps…On se contentera alors de l'Ecole de Marcourt, bâtie en 1874 et pour le prix de 29.929 frs, avec le souci de l'édifier le plus près possible du chemin qui conduit à Marcouray.

Mais nous n'en redevrons rien à personne d'avoir subi les frimas, la pluie, la neige : nos mères nous réchauffaient au retour, puis, appliqués nous faisions devoirs et leçons pour pouvoir faire la nique à tous : Marcouray est un creuset de science et de connaissances. Na !
 
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Et nos gens, et nos bêtes…

Il y a bien longtemps, (17e S.) nos ancêtres se comptaient ainsi :

  • 16 mannans (MANANT: adjectif et nom, 1160 = habitant domicilié (in Greimas, Dict. Ancien Français jusqu'au XIV e s. Larousse)
MANANT: a) --- terme d'ancienne pratique = habitant d'un village sous l'ancien régime: manant d'une paroisse...

--- terme d'ancien droit féodal, synonyme de roturiers et sujets de la justice féodale à raison de ce qu'ils étaient levants et couchants dans le ressort de la juridiction justicière.

b) ---dans le langage ordinaire , archaïque = un paysan. ( a et b in Dict Littré)

MANANT: a) ---Manant ne vient pas de MANUS (main) mais bien de la racine Manére= rester, demeurer, habiter.

Manant= celui qui demeure (in Dictionnaire Latin Gaffio))

  • 2 veuves, (comptabilisées probablement séparément pour évaluer le douaire qui leur était alloué ?)

  • 3 absents.

On y produisait 17 journaux de « soilles » (seigle) et 41¼ journaux d'avoine pour nourrir les gens ainsi que 9 chevaux, 8 bœufs, 25 vaches et 32 chèvres.

(Journal -Larousse Agricole 1922 = ancienne unité de mesure agraire, correspondant à peu près à la surface qu'un homme pouvait labourer en une journée, soit une trentaine d'ares. 17 x 0.30= 5, 1 Ha. 41,1/4 x 0,30 = 12 Ha 30 Ca)

La surface labourable totale de Marcouray s'élevait donc à 17 Ha 40ca.

A ceci bien sûr venaient s'ajouter les pâturages au sujet desquels les statistiques sont muettes. Souvenons-nous simplement qu'à l'époque se pratiquait la vaine pâture, accessible aux troupeaux villageois conduits par les bergers (chèvres et moutons), les herdiers (porcs) et les bouviers (bovins).

Un peu plus tard, on dénombrait 29 maisons, 37 laboureurs, 1 brasseur, 1 couvreur d'ardoises, 1 maréchal-ferrant et 2 tonneliers.

En 1793, Marcouray, dépendant de la Seigneurie de Montaigu et du Quartier de Marche comptait :

  • 4 laboureurs,
  • 3 maisons de première classe,
  • 10 maisons de seconde classe,
  • 23 maisons de troisième classe : soit au total 36 maisons.

En 1789, on dénombre :

271 habitants, 77 maisons, 64 feux, 78 granges, 78 écuries.

(Marcourt : 249 60 57 60 60)

Marcouray est sensiblement plus important que Marcour(t) à l'époque.

Cette simple énumération bien imparfaite fait de suite germer l'opportunité qu'il y aurait de fonder entre nous un « Cercle d'Histoire de Marcouray ». Avis aux amateurs de belles vieilles choses. Mais en attendant, misons sur la modernité en priant chacun des titulaires d'une adresse électronique de nous en confier l'adresse afin que, simplement, puisse naître sur le Net la Communauté des MACRAYENS.

En avril 2002, nous nous sommes quittés dans la joie en nous jurant de nous revoir pour célébrer souvent les vétérans et les doyens : pour l'heure, c'est une doyenne, notre chère Yvonne BASTIN, née le 02/12/1907. Nous ne dirons pas son âge : une jolie dame n'a pas d'âge sauf quand elle a vingt ans, deux fois, trois fois, quatre fois, cinq fois…(c'est pour bientôt).

Elle est gâtée dans les 34 logis où bat le cœur de ses 96 concitoyens (78 adultes et 18 enfants) auxquels se joignent affectueusement les seconds résidents des 24 demeures qu'ils occupent.

Yvonne connut le bon vieux temps où le village comptait plusieurs fermiers, 1 maréchal, 1 menuisier, 1 maçon, 1 cantonnier, 2 gardes champêtres, 3 épiceries, deux cafés clandestins (chûûût : ne pas laisser traîner sur la voie publique s.v.p.) dont un survivant prend corps en ces temps de renouveau, près d'un vieux four à pain d'où sortent une chaude flambée et des envolées pathétiques. On vous y surprendra…
 
 
 
 
 
Modifié le
samedi 24 juillet 2010
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