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Sans doute sont-ils bien peu nombreux les villages comme celui de MARCOURAY, qui bien que dotés d'une église ne comptent pas de Cimetière.
Oh ! le malheur ne doit pas être bien grand puisque le cimetière de Marcourt est tout proche, et que de plus n'ayant jamais connu rien d'autre, on a toujours fait ainsi.
La raison en est sans doute que l'église n'est considérée ni comme une église paroissiale avec son curé, ni comme une chapelle avec son chapelain, mais tout simplement comme « succursale » (terme officiel) ressortissant de la cure de Marcourt. Il eut fallu être petite souris lors du Conseil Communal qui décida de la construction de l'église ou du Conseil de Fabrique qui décida de son affectation. En tout état de fait, la conclusion est bien curieuse : Marcouray ne vaut pas mieux qu'une succursale…
Avis aux étudiants en recherche d'un travail scolaire : un bon petit dossier sur le sujet réjouirait tout le monde.
Notons au passage qu'il n'y a pas de presbytère non plus et que donc les hommes de Dieu n'y furent jamais que de passage. Mais pour l'œil inaccoutumé, le passant, les nouveaux arrivants , cette situation bien inhabituelle doit surprendre.
A des cimetières
Séjour mélancolique, où les ombres dolentes Se plaignent chaque nuit de leur adversité Et murmurent toujours de la nécessité Qui les contraint d'errer par les tombes relantes,
Ossements entassés, et vous, pierres parlantes Qui conservez les noms à la postérité, Représentant la vie et sa fragilité Pour censurer l'orgueil des âmes insolentes,
Tombeaux, pâles témoins de la rigueur du sort, Où je viens en secret entretenir la mort D'une amour que je vois si mal récompensée,
Vous donnez de la crainte et de l'horreur à tous, Mais le plus doux objet qui s'offre à ma pensée Est beaucoup plus funeste et plus triste que vous.
François Tristan L'HERMITE (1601-1655)
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